À cette époque, quatre châteaux se situaient à Lapugnoy

Personne n’ignore que les Grandes Invasions ont eu pour conséquences la féodalité. Pour protéger leurs sujets, les Seigneurs firent fortifier leurs habitations, ou construire un château.

A Lapugnoy, on a recensé quatre châteaux :

     Le château du Mont Éventé     

Dans un cartulaire de l'abbaye de Chocques, on trouve mentionné le Montesventé en 1210 mais il faut attendre le XVI ème siècle pour retrouver trace des terres du château.

Elles appartenaient à Anne de Rauchicourt, vicomtesse et Baronne de Barlin, dame de Rauchicourt, de Divion, de Rouiy (Ruitz), du Mesnil, de Hévin, de Wasquemal, et du Mont Eventé. Elle épousa en 1533, le chevalier de Bournonville.
Les terres restèrent dans la famille deux siècles durant, jusqu’au jour où Marie Françoise Joseph Charlotte de la Vigne, dame du Mont Eventé épousa Jacques François Sylvain du Hays de la Plesse.
Le mariage eut lieu en 1782 et c’est à cette époque que fut bâti le château.

La famille Du Hays, très généreuse, fut toujours considérée par les habitants comme des bienfaiteurs du village : on les appelait d’ailleurs « les bons riches ».
Grâce au Du Hays, la nouvelle église fût bâtie à son emplacement actuel en remplacement de la première, datant du XVème siècle, qui se trouvait sise au cimetière (la « chapelle du Hays », marque son emplacement).

Aujourd'hui, il ne subsiste du château que les bâtiments de la ferme qui se trouvent à l’extrémité ouest du village, près de Lozinghem.

     Le château du Mont Sorel     

Il est noté en 1165 dans les Chartes de Saint Bertin (n°248) puis en 1275 dans les Sceaux d’Artois sous le nom de Montsoriel.

Les Archives Nationales ont conservé un texte affirmant que «  le Seigneurie du Montsorel est consistante en deux fiefs situés au terrois de la Pugnoy » (1791).

D’autres preuves attestent de l’existence de ce château (par exemple un acte de décès en 1648 Jeanne Tromeur, servante au Mont Sorel) mais l'on ignore quand il fût bâti, comment et quand il disparut mais si l'on en croit la légende, il y avait au château autant de fenêtres que de jours dans l’année, autant de portes que de semaines, etc.

Un de ses derniers occupants fut Charles de Velare, Seigneur de Beaulieu de « bonne et ancienne famille noble de la Flandre bien qualifiée, laquelle porte armes et bannières » (attestation devant Notaire du Marquis d’Assignies, Seigneur d’Allouagne).

Il existe encore un endroit appelé Mont Sorel au cadastre. Il s’agit d’une prairie mais l'on ne peut y trouver aucune trace du château.

     La Vasserie     

Elle apparaît en 1461 dans un cartulaire des Chartreuses de Gosnay, puis en 1682 aux Archives de Béthune, sous le nom de "le Vacherie", puis de "La Vacherie", puis de "la Vascary" (1684).

Ce château est situé à l’extrémité N-0 du village, à la limite avec Allouagne. Il était la propriété de la famille de Genièvres de Divion et l’étymologie donne à penser qu’on y pratiquait l’élevage des bovins (d’où La Vacherie).

Nous ne savons que peu de choses sur ses origines.

Ce dont nous ne doutons pas, c’est qu’il était la demeure, pendant la Révolution, de Philipe Lamoral de Genièvres, marquis de Vielfort, né à Divion le 4 janvier 1731. Ce marquis eut maille à partir avec la commune de Lapugnoy au sujet de bois communal de 1791 à 1794. Il finit ses jours guilloné à Arras, le 2 floréal an II (21 avril 1794) avec son régisseur M. Lagache. Quant à la Marquise, sa cousine, elle le suivit de peu sur l’échafaud, le 1 mai 1794.

On ignore ce qu’est devenu le château après le décès brutal de ses occupants. Celui-ci ne se rappella à nos souvenirs que lorsque les communes d’Allouagne et de Lapugnoy revendiquèrent toutes deux sa possession (à l'heure actuelle, le site est une propriété privée figurant au cadastre de Lapugnoy).

Ce bâtiment servit tour à tour de fabrique de chicorée et même de logement pour état-major anglais après la bataille de Waterloo.

     Le château du Metz     

Comme les châteaux du Mont Eventé et du Mont Sorel, le château du Metz a, lui aussi, complètement disparu.

Sa situation exacte nous est, de plus, inconnue.

Il existe bien à Lapugnoy un moulin du Metz et une côte de la Metz (aujourd'hui plus connue sous le nom de "rue de la Maie"), mais nous ne possédons aucune trace de château. Son existence est toutefois confirmée par la présence du Seigneur du Metz, fils de Marguerite Le Roux, dame du Metz Lez Béthune, mort le 26 juin 1542, et dont certains ont situé la demeure sur le monticule bordant la Haute rue (monticule portant le nom de Motte sur la carte d’Etat-major et de Mont Thabor d'après la tradition orale).


Pour l'anecdote : La mairie de lapugnoy possède un acte de décès assez curieux relatif au Moulin du Metz. En voici le texte : « Le 21 février (1655) furent tués sur place au moulin de Metz à la Pugnoie par soldats lorrains deux jeunes hommes à marier du village de la Boeuvrière à savoir Gilles Courtois, fils de Charles et Leblon, fils de Charles Leblon ; leurs corps sont enterrés dans le cimetière Ste Christine audit boeuvrière ; il étaient catholiques et de bonne conduite, âgés environ de 26 ans. »

     Les seigneurs     

Les plus anciens seigneurs connus à Lapugnoy furent :

- Baudouin de Béthune, Comte d’Allermalle et Seigneur de Chocques
- Mathilde de Béthune, Dame de ce bourg et mère de Béatrix, Comtesse de Guisnes
- Daniel de Béthune
- Mathaud d’Houdain
- Les Seigneurs Abbés, Moines de L’abbaye de Chocques

Jeanne Claude de Boëval, Compagnon de Richard Cœur de Lion (3° Croisade) possédait à Lapugnoy un moulin qu’il donna en 1199 aux Moines de l’abbaye de Chocques. En 1202 sur le point de partir pour la Croisade, il confirme ce don à l’abbé Guillaume ainsi que les biens tant à Chocques, Saint Sauveur (hameau de Chocques), Lapugnoy, Saint Pierre Maisnil et Ecke.

Dame Mathilde de Béthune, donna aux religieux de l'abbaye de Chocques les viviers de Lapugnoy, ainsi que le relate le martyrologe de Chocques.

Daniel de Béthune confirmera le don de Baudouin à l'abbaye de Chocques.

Mahaud d’Houdain donnait, quant à elle, ces mêmes viviers (qu’elle détenait par héritage) et son étang de Lapugnoy aux moines de Chocques (rapporté par Aubert Lemire en ces termes « totum vivarium de Pugneia cum tot canali suo »).