Visite guidée/Histoire de la ville

L'Histoire de Lapugnoy

Tout ce qui suit ne peut être affirmatif. Il s’agit d’un résumé librement adapté des travaux de M. Victor Petitpas, basés sur les souvenirs des mémoires vivantes de la commune.

A/ Les origines de Lapugnoy

Trouvailles archéologiques

Des trouvailles archéologiques faites dans le village, sur les hauteurs Nord, nous apprennent que Lapugnoy a été habité dès l’âge de pierre.

Ces découvertes sont de deux ordres :

1°/ Des silex taillés, trouvés sur les hauteurs nord de la commune (grattoirs et pointes de flèches dans les champs près de la Motte)

2°/ Des outils de pierre polie, notamment des haches, retrouvés par un exploitant de sablière (M. Lanfant), toujours sur les hauteurs Nord de la commune (sablière Lanfant, au  Nord Ouest du village, vers Allouagne)
 
Dans cette même carrière, on a dégagé un puits circulaire maçonné en grès, portant à sa  base les traces du niveau de l'eau, et, chose intéressante, des ossements d’animaux (sangliers principalement).

Ces maigres renseignements nous permettent de supposer que le village a pris naissance sur les hauteurs Nord, endroit privilégié puisque à l’abri de l’humidité des marécages et offrant d'une part, la protection de la forêt et d'autre part, des fruits, du gibier et un poste d’observation tout trouvé de la vallée et de la rivière.

Les habitants

Nous ne disposons que de peu d’informations concernant les antiques occupants de notre village, mais nous savons que beaucoup plus tard, à l’époque de la civilisation Celtique, le nord de la Gaule était occupé par 4 tribus qui étaient :

- Les Nerviens (vallée de l’Escaut et de la Sambre) ;
- Les Ménapiens (de la région de Cassel) ;
- Les Atrébates (région d’Arras) ;
- Les Morins (région Boulonnaise et environs de Thérouane, leur capitale).

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B/ La civilisation celtique

À cette époque, Lapugnoy s’appelait « Ecques ».

La Clarence non endiguée alimentait les marais depuis le Fond de Marles jusqu’au Bas-Pays (Chocques, Gonnehem), formant ainsi une frontière naturelle entre la Morinie au nord, et le pays des Atrébates au sud.

Au nord s’étendait la forêt d’Allone (d’où le nom du village d’Allouagne que les anciens appelaient encore au début du siècle « Alloyne », en patois).

Au sud, la vallée était bordée comme maintenant d’une forêt couvrant le plateau du Bois des Dames.
 
« Ecques » s’étendait sur la rive gauche de la Clarence, côté Morinie (nous pouvons donc considérer que les premiers occupants de notre village furent des Morins).
 
Le village se situait autour du cimetière actuel, sur le flanc du coteau (le mot « Ecques » en langue saxonne se rapporte à « chênes » ou « bois de chênes » et c’est autour de la verte place, lieu-dit derrière le cimetière, que l’on trouvait les plus vieux chênes de la région : non par la taille mais par leur vigueur et leur densité).
 
La forte présence de glaise dans ce secteur a permis à « Ecques » de se développer, pour devenir un village de potiers.

Un punéen, M. Raymond Lancial, a d’ailleurs mis à jour des fours très anciens dans cette partie du village (l’eau était fournie par des sources abondantes et rarement taries car, avant la création du château d’eau, le village était approvisionné en grande partie par une série de sources qui coulaient à mi-coteau, du terrain de football jusque Saint Sauveur à Chocques).

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C/ L'époque gallo-romaine

Nos ancêtres vont lutter contre les légions romaines de 57 à 52 avant J-C et vont les narguer pendant plus de cinq ans, en tenant la rive droite de la vallée (les hauteurs de Béthune, Chocques, Labeuvrière : l’abreuvoir, Labeuvrière : la Bouverie, Calonne, Camblain, Thérouanne, Boulogne) face à l’occupant, qui ne se hasardera pas souvent en dehors des voies romaines (dont la fameuse chaussées « Brunehaut », très injustement nommée comme la reine née en 534) pour combattre les « extremi homines » (ainsi baptisés par César dans ses commentaires) dans les marais de ce qui était alors la Gaule chevelue (surnom qu’expliquent les nombreuses forêts pratiquement impénétrables).

Les marécages et forêts ne favorisant guère les manœuvres des troupes d’occupation, les légions romaines délaisseront cette partie du territoire durant la conquête de la Gaule et c’est pourquoi aujourd’hui, au sud de la Clarence, aucun nom de village ne se termine en « ghem » ou en « hem » (qui signifient « lieu » en langue saxonne).
 
La civilisation gallo-romaine va durer 5 siècles sans trouble (c’est la  « Pax Romanis »), César laissant sur place ses colons qui s’installèrent dans le pays, en nous apportant une autre civilisation, et des techniques nouvelles et précieuses et … une légende tenace qui attribue à César la paternité du nom de la Clarence (en voyant ses eaux limpides, le général se serait écrié « Fluviolus Clarens » : la rivière aux eaux claires), ainsi que notre patois, qui dérive du latin et du vieux français (en voici un exemple : pour les Romains, « GALLINA » désignait une poule, en vieux français on disait « GELINE » et ainsi en patois, « GLAINE »).

Cette paix fut troublée par les invasions saxonnes qui déferlèrent sur notre région, venues de Germanie.
 
En 451, les terribles Huns, sous la conduite d’Attila vont envahir l’Europe, puis la Gaule.

A leur suite viendront d’autres peuplades et en particulier les Francs qui vont se fixer dans notre région (on peut d’ailleurs noter qu’un des rois Francs, le célèbre Clovis, païen converti au Christianisme, avait comme catéchiste Saint Vaast, apôtre qui va évangéliser l’Artois au 6e siècle. C’est en souvenir de celui-ci que notre église porte son nom, tout comme 38 autres paroisses artésiennes).
 
Par la suite, la Gaule va encore subir d’autres invasions, celles des Normands en particulier.

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D/ Les seigneurs de Lapugnoy

C’est sous l’impulsion de ces invasions successives et par la faiblesse du pouvoir royal en place que va se développer une période nouvelle, celle des seigneuries : le roi de France ne pouvant valablement protéger son pays contre d’éventuels agresseurs, beaucoup de propriétaires, dont les comtes de Flandres, vont édifier ou fortifier leurs châteaux qui, en cas d’attaque, serviront de refuge à la population voisine.


La vie était essentiellement tournée vers l’agriculture. Les punéens étaient laboureurs, éleveurs, potiers, forgerons ou simplement manouvriers (c’est à dire ouvriers manuels à tout faire) et beaucoup étaient logés dans des cabanes bâties autour de l’exploitation sur laquelle ils travaillaient.
 
Il est évident que les habitants étaient alors beaucoup moins nombreux et il n’y avait pas encore de cité à proprement dit.

Pourtant le village d’ « Ecque » se développera et sera beaucoup plus important par la suite (nous en voulons pour preuve les fouilles effectuées à proximité de son emplacement originel et qui ont mis à jour, entre autres, les restes de deux fours datant des 14e et 15e siècles).

Le site primitif, devenu trop étroit pour la population grandissante, sera d’ailleurs délaissé par la suite au profit d’un endroit plus vaste et mieux placé le long de la vallée.


Placé plus bas dans la vallée (sur la route reliant Béthune à Saint Pol) puis se développera d’est en ouest, en direction de Marles, ne conservant de ses origines que le cimetière et l’ancien presbytère, pour devenir Lapugnoy.

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E/ Lapugnoy de la Révolution à nos jours

Les punéens passèrent la tourmente sans grands problèmes (sauf en ce qui concerne le Seigneur de la Vasserie qui fut guillotiné à Arras en 1794 avec son gérant, M. Lagache).

Le village comptait 480 habitants en 1810 (à titre de comparaison, Labeuvrière en comptait 540)
 
Le village disposait d’une certaine richesse due en partie à la Clarence qui fournissait la force motrice à plusieurs moulins à blé : le moulin Philibert, le moulin dit Dumezt, rue Victor Hugo et un moulin à papier de la famille Richebé, rue du Moulin au Fer.

Zoom
À la moitié du siècle dernier, une chute fut aménagée au niveau de la rue Cyr Bouchart pour permettre l’installation d’une filature appartenant à la famille Pruvost (à l’endroit de l’actuelle place de la mairie), ainsi qu’une autre vers 1884 pour alimenter la moulin Viez (rue de la République, qui date de cette époque). Le passage de la rivière se faisait à gué, en aval du moulin (le pont actuel aurait 105 ans environ).


À cette époque, une distillerie sucrerie existait également (propriété de la famille de cultivateurs Beauvois Bouxin, située au lieu dit "La Villette") et le passage de la ligne de chemin de fer "Fives / Abbeville", associé à l’exploitation du charbon augmenta considérablement la population.

Ce qui eut pour conséquence la création de commerces importants, avec notamment une brasserie, rue Jules Ferry (actuellement Ets Coustenoble), et des épiceries en gros (Pinart Lhermitte et Blarel Lhermitte).
 
Ces activités amenèrent la population de 1760 habitants vers 1930 à 2500 puis à 3310 habitants au dernier recensement de 1999.
 
Pour minimiser la perte de ces activités commerciales et industrielles, due en partie à la récession minière, les différentes municipalités* ont construit différentes résidences et créé et aménagé de nombreux équipements afin de rendre la commune plus accueillante (bois Roquelaure, Bois des Dames, parc de la Clarence, salles Jean Jaurès et Joseph Quidet, école municipale de musique, bibliothèque, salles de sport, terrains de football, terrains de tennis, centre de première intervention, résidence du parc, établissements scolaires, espaces verts aménagés, structure multi-accueils de la petite enfance, etc).